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Une relation complexe avec les jeux Blizzard: attraction et répulsion

Publié le 1 Septembre 2013

Au fil des années, j'ai développé avec les jeux Blizzard un mélange étrange de sentiments unique que je n'éprouve pour aucun autre jeu. Un mélange d'attrait et de rejet, d'intérêt et d'indifférence. Pour mieux le comprendre je crois qu'il convient d'analyser les différentes étapes de la vie d'un jeu Blizzard, de sa promotion à sa sortie, puis ce qu'il arrive pendant son existence.

1. La multiplication des communiqués

C'est une des caractéristiques de l'éditeur, visant à faire monter la pression pour doper les ventes. A la longue je dois dire que cette stratégie finit par écoeurer . La multiplication des communiqués décrédibilise définitivement les communicants, et ôte toute authenticité aux messages qu'ils essaient de transmettre. Parfois, une annonce, vient contredire la précédente, annonce qui n'est toutefois formulée qu'au conditionnel, et sera peut-être elle même invalidé par le prochain communiqué.

2.Des campagnes grand public...

Des publicités surgissant sur le sgrands sites de la presse vidéo ludique comme JVC, aux spots télévisuels précédant la sortie du jeu, tout va être fait pour vendre un jeu hollywoodien et séduire le grand public.

3. Mais un milieu très fermé, celui de l'esport

Après la sortie du jeu, très vite, on rencontre à un moment un mur de difficulté. Dans D3, à ses débuts, l'Armageddon était injouable et pour avancer, il fallait jouer de toutes les ruses : courir à toute vitesse vers les boss, tirer offscreen, jouer sur les morts et résurrections...Au final, beaucoup de joueurs en étaient réduits à attendre les annonces de Battlenet, et à s'entendre dire que certaines équipes de pro-gamers avaient fait ceci, étaient arrivés à l'acte 4,etc... C'est là que quelque chose me gêne. Que voulez vous que ça fasse à l'individu moyen qui a payé son jeu comme tout le monde , et qui voit qu'on le prive d'une partie du contenu du jeu, qui n'est exploitable que par une minorité de privilégiés? Même problème pour Starcraft 2, où la courbe d'apprentissage, très longue, décourage vite bon nombre de joueurs qui, une fois la campagne terminée, feront à l'occasion quelques parties entre amis mais délaisseront vite le titre. On est loin de la convivialité et de l'accessibilité d'un Mario Kart ou d'un Left 4 Dead. En ce sens on peut à juste titre se sentir trahi, puisqu'on nous a vendus un produit comme un produit casual, mais qu'une bonne partie de son contenu est réservée à une frange de joueurs chevronnés. Pourtant, ce qui vaut pour le gameplay, un gameplay justifié par la devise du "facile à a prendre en main mais dur à maîtriser, ne vaut pas pour le lore.

4 Un lore sacrifié sur l'autel du politiquement correct

Qu'il s'agisse de Diablo 3 ou de Starcraft 2, un regard sur leurs histoires respectives souligne très vite le formatage systématique qui a été opéré. Dans l'univers de Diablo, le bestiaire "occidental" du jeu, avec ses diablotins, ses squelettes, son ambiance sombre, ses corps crucifiés dans les cryptes, a été abandonné au profit d'un lore plus universel, plus proche de ce que l'on pourrait trouver dans World of Warcraft par exemple. Adieu l'obscurité lugubre, le slabyrynthes claustrophobiques, les marécages, et bonjour les djins, les déserts ensoleillés(certes présents dans Diablo 2) les contrées enneigées, les gobelins... La mort de Deckard Cain, qui n'a rien d'anecdotique, illustre cette volonté d'en finir avec le passé et de détruire ce qui a plu aux puristes de la licence. Ce mépris de l'esprit originel des licences s'accompagne d'un autre problème de Blizzard, celui du dirigisme condescendant.

5 Nous savons ce qui est bon pour vous.

En effet Blizard a souvent clamé savoir ce qu'il fallait faire pour faire plaisir au joueurs, même quand celui-ci protestait énergiquement. Après la sortie de Diablo 3, Blizzard supprima toute possibilité de looter quoi que ce soit d'intéressant dans les coffres et autres jarres, avant de faire marche arrière plus tard. Le loot des Bosses, également, a été rendu moins intéressant sous prétexte de vouloir pousser le joueur à s'attarder sur les différentes régions du jeu. Qu'ils s'agisse du lore, de l'équilibre des classes, du gameplay ou de quoi que ce soit dans le jeu, Blizzard prétend toujours savoir tout mieux que le joueur, ce qui à un moment donné finit par lasser. Surtout lorsque la déception se produit après des années d'attente.

6 La temporisation comme gage de qualité

Dans une société régie par le culte de la vitesse, mettre en avant la lenteur et la méticulosité comme gages de qualité est une stratégie qui peut s'avérer payante, lorsqu'il y a quelque chose derrière. Blizzard a systématiquement mis en avant sa volonté de proposer des jeux irréprochables pour justifier les délais de développement. Avec les résultats que l'on connaît. S'il a pulvérisé les ventes de ses aînés, Diablo 3 a aussi révélé les failles de la stratégie de Blizzard, en se révélant être un jeu trop éloigné e ce qu' étaient ses aînés, trop différent. Avec une connexion à Internet obligatoire en solo. Et un HV. Et les files d'attente du début du jeu.

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